Jordan Bardella est le grand favori des prochaines élections présidentielles. Il est même rare qu’un candidat soit donné avec une si grande avance au premier tour. Au second, il est donné gagnant dans tous les cas de figure. Mais comme nous allons le voir, la partie est loin d’être gagnée pour le prodige du Rassemblement national.
Le tableau récapitulatif:
| Section | Points clés |
| Situation actuelle | Jordan Bardella est le favori (34-35% au 1er tour), devant Marine Le Pen et Édouard Philippe (17-22%). |
| Risques de défaite | Abstention élevée, chute historique des favoris (Balladur, Juppé), erreurs de campagne. |
| Facteurs bascule | Scandales politiques, débats ratés, mobilisation anti-RN (front républicain), événements personnels. |
| Scénarios de second tour | Un candidat centriste fort ou une gauche unie pourraient rassembler au-delà de leurs bases. |
| Inconnues majeures | Émergence d’un candidat surprise, impact de la vie privée, volatilité des sondages à 10 mois du scrutin. |
La situation actuelle des sondages
Les sondages permettent de donner la température des intentions de vote. A l’heure de rédaction de cet article, Bardella arrive en tête avec 34-35% au 1er tour en moyenne, faisant très légèrement mieux que Marine Le Pen a environ 32%.
Edouard Philippe est loin derrière, entre 17 et 22% des voix en moyenne sans la candidature parallèle de Gabriel Attal. Il est donné perdant face a Bardella au second tour de peu, mais parvient a passer la barre des 47%, la ou Jean-Luc Mélenchon ne passe pas les 35% et ou les autres candidats ne passent pas les 45%.
Dans le camp conservateur, son parti fait l’unanimité, Eric Zemmour n’est qu’ 4 à 6%, Bruno Retailleau ne passe pas la barre des 10%. A l’inverse, Raphael Glucksmann est a plus de 10% des voix et peu faire de l’ombre a Jean-Luc Mélenchon. Les macronistes, Attal, Darmanin et Philippe, se font aussi une féroce concurrence.
Les raisons pour lesquelles Bardella peut être battu
Avec ce que nous venons d’évoquer, il est normal de penser que la voie est libre, mais de nombreuses choses peuvent le conduire a la défaite. Et historiquement, des favoris ont chutés, comme Edouard Balladur en 1995 ou encore Alain Juppé lors des primaires de la droite en 2017.
D’autant plus que l’élection est loin, 10 mois séparent ce moment du scrutin, beaucoup de choses peuvent se produire. Un raz-de-marée RN n’est pas garanti malgré les scores. D’autant plus que le parti fait souvent moins que ce qui est annoncé dans les sondages des mois avant le jour J.
Tout d’abord, l’abstention peut tout changer si les électeurs RN ne se déplacent pas en pensant que les jeux sont fait. L’abstention est d’ailleurs une cause majeure de l’absence de la gauche au second tour de l’élection de 2002.
Un candidat centriste fort peut notamment rassembler. Gabriel Attal peut notamment convaincre le centre gauche et le centre droit et rallier la gauche radicale au second tour. Notamment LFI qui prône des valeurs opposées au RN. Comme le disait Jean-Luc Mélenchon en 2022 « Il ne faut pas donner une seule voix a madame Le Pen ».
Si la gauche se qualifie pour le second tour, elle pourrait elle convaincre le bloc centriste. Jordan Bardella aurait alors beaucoup plus de difficultés.
Un candidat surprise peut aussi émerger. C’est rarement le cas a ce stade du calendrier, mais tout est ouvert. D’autant plus que beaucoup attendent un candidat de la vie civile.
Les facteurs qui peuvent faire basculer l’élection
Beaucoup de choses peuvent faire changer les choses. Tout d’abord, un scandale politique qui a souvent un impact fort. En 2017, François Fillon était le favori du scrutin. Une affaire le rattrapera quelques mois avant le scrutin. Résultat, il ne franchira pas le premier tour.
Une erreur de campagne peut aussi avoir un impact moyen à fort. Par exemple, Marine Le Pen a beaucoup déçue lors du débat du second tour de du suffrage de la présidentielle 2017 face a Emmanuel Macron, qui a alors gagné l’élection dans un fauteuil.
La mobilisation anti-RN peut aussi avoir un impact fort. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit lors des dernières législatives de 2024. Le parti était donné comme ayant soit la majorité relative soit l’absolue. Ce ne fut le cas d’aucune de ses possibilités.
La santé ou un événement personnel peut aussi avoir un impact imprévisible. Il suffit de voir le niveau de médiatisation qui a été donné a sa romance avec la Princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles pour se rendre compte du poids de la vie privée dans la sphère politique.
FAQ
Le débat télévisé est-il toujours décisif ?
Cela arrive rarement, mais il peut tout de même avoir un impact significatif, comme l’a montré celui de deuxième tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen en 2017.
Quel est le poids des évènements imprévisibles ?
Tout dépend, certains sont anodins, d’autres peuvent redistribuer les cartes.
Les primaires ont-elles encore un impact ?
Oui, elle font souvent chuter des favoris. Comme Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en 2016. Elles peuvent aussi renforcer le vainqueur, comme François Fillon pour cette même primaire.
Le candidat de la vie civile est-il une menace ?
C’est une attente forte des électeurs, mais pour l’instant, aucun candidat de ce type ne semble se profiler.



