Il y a désormais moins de Sud-Soudanais que de Pandas sur Terre

Le Sud-Soudan, nation indépendante depuis 2011, est en proie à une terrible guerre civile, qui a déjà engendré des milliers de morts, et des millions de déplacés, dans l’indifférence la plus totale. Lorsqu’on ajoute à ces victimes le nombre de morts issus de la famine, de la malnutrition ou de maladies (le pays est aussi l’un des plus pauvres au monde et a notamment un taux de prévalence au VIH au-dessus de la moyenne), le nombre d’habitants au Sud-Soudan baisse de jour en jour. Une situation inquiétante qui commence à alarmer les dirigeants de ce petit pays.

Il y a désormais moins d'habitants au Sud-Soudan que de Pandas

Son Président demande à ce que les habitants de son pays soient placés sur la liste des “espèces en voie d’extinction”

Salva Kiir, le dirigeant “officiel” du pays (la présidence du pays étant précisément l’objet de la guerre civile), essaye par tous les moyens d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation critique à laquelle doit faire face son peuple. Récemment, il a tenté le “tout pour le tout” en écrivant à de nombreuses associations œuvrant dans la protection des animaux, comme la WWF ou Sea Sherperd, pour demander à ce que les Sud-Soudanais soient placés sur la liste des espèces en voie d’extinction. Cela a provoqué un véritable tollé, et la plupart des associations s’insurgent contre la demande de Salva Kiir. “Cela va à l’encontre de toutes ces années pendant lesquelles les mouvements anti-racistes se sont battus contre le fait d’assimiler les africains aux animaux : cette liste est réservée au règne animal, on ne peut y inscrire des humains”, s’insurge le porte-parole de la WWF.

Du côté du Président Sud-Soudanais, la décision est assumée. Certes, il s’agit là d’une “manigance osée”, précise-t-on dans l’entourage de Salva Kiir, mais “ce coup d’éclat était la seule façon d’attirer l’attention sur la situation de notre peuple”, insiste la Présidence du pays. Surtout que cela se base sur des faits : en effet, il resterait moins d’habitants au Sud-Soudan que d’individus encore vivants au sein de certaines espèces animales classées “en voie d’extinction”, comme par exemple les pandas géants, ou les tigres du Bengale.

Pour attirer l’attention, le Président Nigérian lui conseille plutôt d’annoncer la présence de terroristes islamiques dans son pays

S’il y a quelqu’un capable de comprendre ce que cela fait de voir son peuple se déchirer dans l’indifférence la plus totale de la communauté internationale, c’est bien le Président du Nigéria, où le groupe Boko Haram perpétue enlèvements, viols et massacres depuis près de 10 ans déjà. Muhammadu Buhari, l’actuel Chef d’État de ce pays, s’est d’ailleurs permis, fort de son expérience, d’envoyer un petit conseil à son homologue du Sud-Soudan : “Pour que les gens s’intéressent vraiment à nous, il suffit de leur dire que l’État Islamique ou Al Qaïda sévissent sur notre sol. L’Occident serait prêt à tout pour tuer ces méchants musulmans. Nous, depuis 2009, on leur fait croire que Boko Haram a prêté allégeance à Al Qaïda, puis à Daesh (l’Etat Islamique), or ce n’est pas vrai. Ils ne sont même pas musulmans. Ce ne sont que des anciens soldats désœuvrés qui passent leur temps à boire de l’alcool et à violer des filles.” 

Pourtant, même avec ce subterfuge, la communauté internationale semble toujours se désintéresser de la situation nigériane, puisque seuls quelques voisins du Nigeria (le Cameroun, le Tchad et le Niger) sont intervenus pour combattre Boko Haram. Une situation dont s’amuse le Président Sud-Soudanais : “Je remercie mon collègue Nigérian pour ses conseils, mais je vais bien me garder de les suivre. Si c’est pour se retrouver avec le soutien militaire du Tchad ou du Niger, je ne suis pas sûr que ce soit un progrès” a ironisé ce dernier. Il n’y a pas à dire, la politique africaine est vraiment à part…

Résumé
Il y a désormais moins de Sud-Soudanais que de Pandas sur Terre
Titre de l'article
Il y a désormais moins de Sud-Soudanais que de Pandas sur Terre
Description
C'est le Président du Sud-Soudan lui-même qui l'a souligné, espérant ainsi attirer l'attention de la communauté internationale sur la situation dramatique de son pays.
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Le Connard Enchaîné
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